Comprendre le niveau des nappes
Lire le niveau d’une nappe : mètres NGF ou profondeur, saison de recharge, et ce que veut dire « haut pour la saison ».
Sur la fiche d’une ville, Atmoscope affiche le niveau de la nappe mesuré par le piézomètre le plus proche. Ce guide explique comment lire ce chiffre, d’après les documents officiels cités en bas de page.
Les mots d’une nappe
- Nappe libre
- Un volume d’eau souterraine dont la surface est libre, c’est-à-dire à la pression atmosphérique : cette surface monte et descend sans contrainte. Ces nappes sont souvent peu profondes.
- Nappe captive
- Un volume d’eau souterraine généralement à une pression supérieure à la pression atmosphérique, parce qu’une formation géologique imperméable l’isole de la surface du sol. Une même nappe peut avoir une partie libre et une partie captive.
- Piézomètre
- Un point d’observation (le plus souvent un puits non exploité) où l’on mesure le niveau de l’eau d’une nappe.
- Niveau piézométrique
- Le niveau atteint par l’eau en un point et à un moment donnés, dans un tube qui descend jusqu’à la nappe. Il peut s’exprimer en mètres NGF (une altitude) ou en profondeur par rapport à un repère de mesure.
- NGF
- Nivellement général de la France, le système d’altitudes de référence, établi sous le contrôle de l’IGN. Son zéro correspond au niveau moyen de la mer à Marseille.
- ADES
- Le portail national d’accès aux données sur les eaux souterraines. Hub’Eau en reprend les mesures de niveau de nappe.
- Recharge et vidange
- D’après le BRGM, la période de recharge des nappes s’étend du début de l’automne (septembre-octobre) au début du printemps (mars-avril) ; le reste de l’année, la vidange se poursuit habituellement et les niveaux continuent de baisser jusqu’à l’automne.
Ce que la page n’écrit pas : la définition de « nappe phréatique » (la page d’Eaufrance relue ne la donne pas) et celles de « hautes eaux » et de « basses eaux », que le bulletin du BRGM relu n’emploie pas. Il parle de niveaux hauts l’hiver et bas l’été.
NGF ou profondeur : pourquoi le même niveau se lit « à l’envers »
En mètres NGF : une altitude
Plus le chiffre est grand, plus la surface de l’eau est haute au-dessus de la mer, donc plus la nappe est pleine.
En profondeur : une distance sous le sol
Plus le chiffre est grand, plus l’eau est loin sous le sol, donc plus la nappe est basse. Hub’Eau mesure cette profondeur par rapport au « repère de mesure », pas forcément au sol.
Le passage de l’un à l’autre
La documentation de Hub’Eau donne la relation : niveau NGF = altitude du repère − profondeur de la nappe. Si le repère est au niveau du sol, une nappe qui monte fait monter le chiffre NGF et baisser le chiffre de profondeur.
Dans Atmoscope : la carte de la nappe met en gros la profondeur sous le sol (« 54 m sous le sol ») et garde le niveau NGF à côté, comme référence. La profondeur affichée se déduit de deux mesures simultanées de la même station, l’altitude de l’eau et la profondeur de l’eau : c’est un calcul d’Atmoscope, pas une valeur lue telle quelle.
La saison et le décalage avec la pluie
- Le BRGM distingue des nappes « réactives », qui réagissent vite et peuvent se recharger lors de fortes pluies estivales, et des nappes « inertielles », aux réactions lentes, dont le cycle peut être pluriannuel.
- Il relie la vitesse d’écoulement aux vides de la roche : plus ils sont grands et reliés entre eux, plus la nappe s’écoule vite. Pour un même volume d’eau, il parle de quelques années en milieu poreux, de quelques mois en milieu fissuré, de quelques jours, voire quelques heures, en milieu karstique.
- Si l’hiver est sec, la recharge des nappes est très faible.
- Le délai entre une pluie et la réponse d’une nappe donnée n’est pas écrit ici : les documents relus donnent des ordres de grandeur par type de roche, pas un chiffre pour chaque nappe.
« Haut » ou « bas » pour la saison
- Chez le BRGM, le niveau du mois est comparé aux mêmes mois de l’ensemble de la chronique, au minimum 15 ans de données, et classé en 7 classes, du plus bas au plus haut. Il part de piézomètres, avec les données d’ADES.
- Dans Atmoscope, ce n’est pas le même calcul. La carte situe le niveau actuel entre le plus bas et le plus haut connus sur la période suivie (cinq zones : très bas, bas, habituel, haut, très haut), et, quand l’historique validé existe, dit « plus haut que X % des mesures de ce mois-ci depuis le début des relevés ». Il faut au moins quatre années du même mois pour afficher ce pourcentage.
- La confiance affichée dépend de la durée des mesures : à partir de 10 ans (120 mois) le niveau est bien situé, de 2 à 10 ans les repères sont indicatifs, en dessous de 2 ans la comparaison est peu représentative. Ces seuils sont un choix d’Atmoscope, pas une norme officielle.
- Une nappe classée « haute » par Atmoscope n’est donc pas forcément « au-dessus des normales » au sens du bulletin du BRGM : les deux méthodes ne se superposent pas.
Les données d’Atmoscope, et la projection d’HORIZON
- Les mesures viennent de Hub’Eau (ADES). Hub’Eau donne des niveaux maximum par jour, et des mesures horaires pour environ 1 400 piézomètres seulement : tous n’en ont pas.
- Le suivi récent est quasi horaire ; l’historique plus long, quand il existe pour la station, est une série validée en moyennes mensuelles ou annuelles. Toutes les stations n’en ont pas.
- HORIZON est un choix d’Atmoscope, pas une information officielle : une relation statistique entre la pluie cumulée et le niveau de la nappe, calculée sur les années passées, appliquée à une hypothèse (« et si il pleuvait 70 % de la normale ? »). La fourchette à 80 % est statistique, et ce n’est pas une prévision.
Ce que cette page ne remplace pas
- Les bulletins du BRGM sur la situation des nappes d’eau souterraine : ils s’appuient sur l’ensemble des points de suivi, alors qu’Atmoscope n’en montre qu’un, le plus proche de la ville.
- Les arrêtés sécheresse de votre département : ni ce guide ni la carte de la nappe ne les remplacent.
- Un seul piézomètre ne dit pas l’état de toute la nappe, ni d’une autre nappe voisine (Hub’Eau précise d’ailleurs que tous les piézomètres ne sont pas à données horaires).
Sources
- Nappe libre (glossaire d’Eaufrance, d’après le BRGM) La définition d’une nappe libre : surface à la pression atmosphérique, qui fluctue sans contrainte, souvent peu profonde.
- Nappe captive (glossaire d’Eaufrance, d’après le BRGM) La définition d’une nappe captive, et le fait qu’une même nappe peut avoir une partie libre et une partie captive.
- Niveau piézométrique (glossaire Eau & Biodiversité) La définition du niveau piézométrique, le NGF (zéro au niveau moyen de la mer à Marseille) et l’expression possible en profondeur relative.
- API Piézométrie de Hub’Eau La provenance des mesures (ADES), les niveaux en mètres NGF, les profondeurs par rapport au repère, la formule NGF = repère − profondeur, les maxima journaliers et les mesures horaires de 1 400 piézomètres environ.
- ADES, portail national d’accès aux données sur les eaux souterraines Ce qu’est ADES, et l’ampleur de la banque (réseaux déclarés, piézomètres, niveaux d’eau).
- Nappes d’eau souterraine au 1er octobre 2026 (BRGM) La période de recharge, la comparaison du mois aux mêmes mois de la chronique (au moins 15 ans), les 7 classes, les nappes réactives et inertielles, les durées d’écoulement.
Rédigé par Atmoscope le 5 novembre 2026, à partir de ces documents, relus ce jour-là. C'est une reformulation : en cas de doute, les bulletins du BRGM et les arrêtés préfectoraux font foi.