Gelées et saints de glace

Quand le gel n'est plus à craindre ? Ce que disent les mesures, et comment lire la « date sûre » pour planter.

Une gelée tardive peut abîmer en une nuit ce qui a été planté au printemps. La question « à quelle date est-ce passé ? » n'a pas de réponse unique : elle change d'une année à l'autre et d'un jardin à l'autre. Cette page donne les repères de Météo-France, et explique ce qu'Atmoscope calcule à partir des relevés de la station la plus proche.

Les mots du gel

Gelée blanche
Un dépôt de cristaux de glace qui vient de la vapeur d’eau de l’air. Il se forme surtout sur les surfaces horizontales refroidies par le rayonnement de la nuit, en général par ciel clair et vent léger.
Température à 2 m
La température de l’air mesurée à 2 m du sol : c’est celle que donnent les stations météo et les prévisions. Elle n’est pas celle de la surface de l’herbe ou des feuilles.
Saints de glace
Saint Mamert (11 mai), saint Pancrace (12 mai) et saint Servais (13 mai) : une période traditionnellement redoutée pour les gelées tardives.
Dernière gelée de l’hiver
Le dernier jour, jusqu’à fin juin, où la température minimale relevée par la station est descendue à 0 °C ou moins. Elle change d’une année à l’autre.
Date sûre (calcul d’Atmoscope)
La date avant laquelle, 9 années sur 10, la dernière gelée était passée à la station la plus proche, d’après les années relevées. C’est une règle d’Atmoscope, pas une norme.

L'air à 2 m n'est pas l'herbe

Le document de Météo-France sur la gelée blanche donne un exemple : après une nuit où la température de l'air à 2 m est tombée à −5 °C, la surface de l'herbe est descendue entre −6 °C et −10 °C. La surface des plantes se refroidit par rayonnement, et peut être plus froide que l'air que mesure la station.

Pour cette raison, Atmoscope ne se limite pas à 0 °C. Sur la page Jardin, une nuit est signalée « gelée probable » quand la minimale prévue est de 0 °C ou moins, et « gelée blanche possible » quand elle est de 3 °C ou moins. Ce seuil de 3 °C est un choix de prudence d'Atmoscope, pas une définition officielle.

Les saints de glace : que dit Météo-France ?

La tradition veut que le gel ne soit plus à craindre après le 13 mai. Météo-France a regardé les chiffres : une étude sur 130 stations de métropole, en plaine (altitude maximale 400 m), de 1951 à 2023, soit 73 années, sur les gelées survenues du 14 mai au 30 juin.

  • Sur ces 73 années, il y en a 49 où au moins une station a mesuré du gel après les saints de glace.
  • Après 1995, l'année qui compte le plus de stations gelées la même année est 2012, avec 31 stations seulement. Avant 1995, il y avait régulièrement des années où 30 stations ou plus mesuraient du gel.
  • Météo-France y voit une tendance à la baisse des périodes de gel à grande échelle. Il gèle plus régulièrement entre 2010 et 2020 qu'entre 1990 et 2000, mais à moins d'endroits.
  • Sa conclusion est nuancée : des gelées en plaine ne sont pas impossibles après les saints de glace.

Comment lire ces chiffres. « Au moins une station sur 130 » ne dit pas quelle est la probabilité chez vous : c'est la raison pour laquelle on regarde la station la plus proche de votre jardin plutôt qu'une date nationale.

La « date sûre » d'Atmoscope

Sur la page Jardin d'une commune, Atmoscope relève, année par année, la dernière gelée de l'hiver à la station la plus proche, puis donne la date avant laquelle 9 années sur 10 avaient fini de geler. Les hivers sans aucune gelée comptent dans ce calcul.

  • C'est un calcul sur des relevés passés, pas une prévision : une année sur dix reste plus tardive.
  • Il vaut pour la station, pas pour votre jardin. Un jardin en creux, ou en altitude, peut geler plus longtemps. La page prévient quand la station est éloignée.
  • Il ne dit pas quelles plantes craignent le gel : pour cela, la fiche de la variété ou un jardinier de votre région.
  • Pour les nuits qui viennent, ce sont les prévisions de la page Jardin qui comptent : « gelée probable », « gelée blanche possible » ou « pas de gel prévu ».

Chercher ma commune

Sources

Rédigé par Atmoscope le 2 novembre 2026, à partir de ces documents, relus ce jour-là. C'est une reformulation : en cas de doute, les relevés et prévisions de Météo-France font foi.